Le projet ATIP3

 
 
 

L’historique

 

Le cancer du sein touche une femme sur 9 dans le monde et représente un problème majeur de santé publique. Les cancers du sein sont hétérogènes et peuvent être classés en plusieurs sous-types moléculaires. Les cancers du sein du sous-type « triple-négatif », très agressifs, forment souvent des métastases et sont de mauvais pronostic. Le développement de nouveaux traitements adaptés à cette sous-population de tumeurs est un défi majeur en cancérologie.

 La protéine ATIP3 a été découverte dans le laboratoire du Dr Clara Nahmias.  C’est une protéine associée au squelette des cellules, appelé microtubules, qui contrôle la division cellulaire. ATIP3 est présente dans toutes les cellules de l’organisme mais est déficiente dans les cancers du sein les plus agressifs, en particulier ceux du sous-type triple-négatif. Des niveaux faibles d’ATIP3 sont associés à une plus grande agressivité des tumeurs et un mauvais pronostic vital pour les patientes. ATIP3 est un biomarqueur pronostique dans le cancer du sein.

De façon importante, lorsqu’elle est ré-introduite dans les cellules cancéreuses, la protéine ATIP3 diminue la croissance des tumeurs et des métastases chez la souris. ATIP3 est donc une protéine anti-cancer.

Notre hypothèse est qu’ATIP3 fonctionne comme un frein dans la cellule. Une déficience en protéine ATIP3 entrainerait alors un déséquilibre, conduisant à l’accélération d’une activité cellulaire pro-cancer. Notre but à terme est de bloquer cette activité cellulaire à l’aide de composés-médicaments.

 
 

Les objectifs

Aujourd’hui l’équipe avance sur plusieurs fronts:

  • Comprendre comment fonctionne ATIP3 dans les cellules normales et les conséquences de son dysfonctionnement dans les cellules cancéreuses

  • Evaluer les effets d’ATIP3 (et par extension, d’autres protéines associées aux microtubules) sur la résistance des cancers du sein à la chimiothérapie

  • Développer une nouvelle thérapie ciblée contre les cancers du sein ATIP3-déficients.

  • Etendre ces travaux à d'autres formes de cancers

Les avancées

Au cours des dernières années, l’équipe a avancé pour comprendre comment ATIP3 modifie les microtubules pour exercer ses effets anti-cancer. Les recherches ont montré qu’ATIP3 s’associe à une autre protéine appelée EB1. Par un mécanisme original, ATIP3 empêche EB1 de se fixer à l’extrémité des microtubules. Ceci a pour conséquence une diminution de la prolifération et de la migration des cellules.

En 2018, grâce à une collaboration avec les médecins de Gustave Roussy et de l’Institut Curie, l’équipe a révélé l’importance d’étudier la combinaison ATIP3-EB1 comme nouveau biomarqueur pronostic dans le cancer du sein.

En parallèle, un criblage de molécules thérapeutiques est en cours pour identifier les composés-médicaments qui seraient capables de cibler les cellules de cancer du sein déficientes en protéine ATIP3. 

En 2019, ce projet a été financé grâce aux dons généreux de la Fondation Agnès b. et du Lions Club Paris Quartier Latin, et grâce à la formidable mobilisation en ligne des collecteurs Odyssea. Merci à tous pour votre soutien !

Pour en savoir plus, venez visiter le laboratoire du Dr Clara Nahmias à Gustave Roussy.

en Vert : ATIP3 - en Rouge : Microtubules - en Bleu : ADN   Crédit photo : Lydia Ghouinem, Institut Cochin, Paris

en Vert : ATIP3 - en Rouge : Microtubules - en Bleu : ADN

Crédit photo : Lydia Ghouinem, Institut Cochin, Paris

 
But : bloquer l’activité des cellules cancéreuses ATIP3-négatives

But : bloquer l’activité des cellules cancéreuses ATIP3-négatives

 
 
 
Immunomarquage du biomarqueur EB1 dans le cancer du sein   Crédit photo : Clarisse Monchecourt et Dr Sarah Nasr, Gustave Roussy, Villejuif

Immunomarquage du biomarqueur EB1 dans le cancer du sein

Crédit photo : Clarisse Monchecourt et Dr Sarah Nasr, Gustave Roussy, Villejuif